En 100 mots | Critiques d'albums succinctes, pour les pressés

Un point de vue, en une centaine de mots.

Archive for mai 2011

Bon Iver : Bon Iver (2011)

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Retour en demie teinte de la révélation torturée de l’indie folk.

critique bon iver bon iver 2011Le folk éthéré, intime et fragile de Justin Vernon en tant que Bon Iver a quelque chose de mythique, avec son histoire. Tout le monde n’est pas capable de faire un grand premier album, isolé dans une cabane en pleine nature, secoué par une mauvaise rupture. Rien d’aussi dramatique cette fois, tant mieux pour Vernon. Cependant, le sobrement intitulé « Bon Iver » atteint rarement la grâce de « For Emma » (‘Perth’, ‘Michicant’), n’ayant pas ce qui rendait son prédécesseur si spécial. On y trouve bien une poignée d’expérimentations (les échos et samples noisy rappellent Sparklehorse sur ‘Lisbon, OH’) et une certaine vacuité confortable, mais rapidement ennuyeuse.

Written by Benoit Rajalu

mai 30, 2011 at 08:42

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Okkervil River : I Am Very Far

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Le groupe indé culte du Texas prend une direction légèrement nouvelle, toujours efficace

critique Okkervil River I Am Very FarLe dernier fait d’arme d’Okkervil River était d’avoir enregistré un album avec Roky Erickson, légende du rock psychédélique. Ils avaient alors fourni l’excellente ambiance musicale torturée qui portait les chansons toutes aussi réussies d’Erickson. « I Am Very Far » peut alors être un peu surprenant en comparaison. Il s’agit d’un album pop-folk, rappelant aussi bien « I’m Wide Awake It’s Morning » de Bright Eyes (‘White Shadow Waltz’) que la pop dandy de The National, comme sur ‘Your Past Life as a Blast’. Le groupe développe une maitrise de l’écriture et un goût pour la diversité musicale, faisant de « I Am Very Far » un album intéressant et divertissant.

Written by Benoit Rajalu

mai 21, 2011 at 20:41

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Fleet Foxes : Helplessness Blues

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Retour brillant mais sans surprise pour le jeune groupe indie folk de Seattle.

critique fleet foxes helplessness blues “Personne ne fait de l’Americana comme les Fleet Foxes.” C’est ce que j’ai lu quelques semaines avant la sortie de « Helplessness Blues », et j’étais déjà d’accord. Après tout, leur premier effort offrait une interprétation du Folk et des traditions musicales Américaines altérés par l’influence pop Britannique qui était diablement moderne. Originaux sans être dénués de pairs, ils puisaient dans l’héritage de America ou de Iron & Wine, entrainant des artistes tels que Bon Iver et The Low Anthem dans leur course.

Ce son caractéristique et cohérent a fait le succès de leur premier album, sorti en 2008. Ils y mélangeaient de minutieux paysages musicaux Folk à des paroles lyriques chantées avec passion et identité : Robin Pecknold a 25 ans et chante comme un Neil Young idéalisé. Il peut même être crédible sur des sujets qu’un chanteur moins talentueux ne ferait que rendre embarrassant – tout le monde ne peut pas chanter à propos de la mort, de la nature et de doutes sans être emo. Il peut, il faut s’y faire.

Mais tout cela date d’il y a trois ans, alors qu’en est-il aujourd’hui ? Pour commencer, nous ne parlons pas de maîtres de la réinvention. La formule Fleet Foxes reste inchangée : lancez les guitares acoustiques, la voix unique de Pecknold, les harmonies, les grands refrains et le groupe qui sert de chœur une phrase sur deux. Certes tout cela fonctionne toujours, mais certains auditeurs peu appliqués risquent de s’ennuyer ferme. Quant aux paroles, bien que très bonnes, elles demandent en effet de l’attention, ce qui n’est pas facile à maintenir : il s’agit ici d’un album assez long. 12 morceaux et un peu plus de 50 minutes de questions existentielles venant du cœur ! Mais si vous pouvez supporter ça, vous profitez d’un album réellement profond et intéressant, même sans les paroles.

Car même s’ils n’ont pas touché à leur structure de base, le noyau des Fleet Foxes est un duo de jeunes hommes avides de connaissance, avec un œil sur le passé. Ils baignent dans des influences telles que Brian Wilson ou Crosby, Still, Nash and Young pour tout ce qui est évident, mais tendez une oreille attentive et vous trouverez que les Fleet Foxes ont étendu leurs racines. Les guitares sur le joliment oriental ‘Sim Sala Bim’ évoquent le Jimmy Page de ‘Tangerine’ ou ‘The Rain Song’, une perle sur un album qui n’expose pas vraiment le talent de musicien de ses artistes.

Leur plus grande réussite sur l’album est la chanson éponyme, ‘Helplessness Blues’. Tout y est, en tout cas tout ce qui fait des Fleet Foxes un groupe si spécial : pas seulement les paroles magnifiques, parsemées de grandes questions (« A quoi sert-il de chanter les Blues du désespoir ? / Pourquoi devrais-je attendre qui que ce soit d’autre ? ») et d’aspirations rarement formulés par des jeunes de 25 ans (« Si j’avais un verger, j’y travaillerais jusqu’au bout. Tu ferais le service et bientôt tu t’occuperais du magasin »). Cette chanson, comme tout l’album, est un paysage indie-Folk complexe et presque cinématographique : la musique raconte une histoire, accompagnée des paroles de Pecknold, dans une combinaison parfaite de forme et de fond.

Parmi toute cette création cohérente et consistante perce le germe de l’expérimentation. ‘The Shrine / An Argument’ illustre au mieux cette volonté d’évoluer et de poursuivre de nouvelles pistes : tout comme l’autre morceau en deux partie ‘The Plains / Bitter Dancer’, moins remarquable, ‘The Shrine…’ offre un ensemble de phrases musicales uniques, innovantes et riches, officiant une fois encore comme un fantastique arrière-plan sur lequel raconter une histoire.

Tout n’est cependant pas parfait, la longueur de l’ensemble pesant sur les épaules du groupe, mais c’est certainement agréable. « Helplessness Blues » n’a peut-être pas l’aura de son prédécesseur, mais cela reste un album remarquable.

Written by Benoit Rajalu

mai 15, 2011 at 13:43

Publié dans Critiques

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